On parle souvent de la planète qu’on va laisser à nos enfants... et évidemment… vu l’état du bazar, la question paraît assez importante 😄
Mais je me demande si on ne passe pas un peu à côté d’une autre question : quels enfants est-ce qu’on est en train de laisser à la Terre ?
Parce qu’au fond, l’enfance, ce n’est pas juste une période qui “passe”.
Ça reste dans les gens longtemps.
Très longtemps.
L’enfance ne disparaît jamais vraiment
Je crois qu’on le sent tous quand on rencontre certains adultes. Il y en a avec qui on sent immédiatement quelque chose de détendu. Ils savent écouter. Ils savent traverser un désaccord sans écraser tout le monde. Ils ne semblent pas constamment au bord de l’explosion intérieure. On sent qu’ils ont de la place en eux.
Et puis il y a ceux qui vivent comme en état d’alerte permanent. Toujours tendus. Toujours prêts à se défendre, à attaquer, à contrôler, à se couper de ce qu’ils ressentent parce que sinon tout déborde.
Évidemment, la vie fait plein de choses aux gens ensuite. Ce ne serait pas honnête de prétendre que tout se joue dans l’enfance.
Mais quand même…
Je crois qu’un enfant qui grandit en apprenant que ses émotions sont dangereuses ne traverse pas le monde de la même manière qu’un enfant qu’on aide peu à peu à accueillir ce qu’il ressent.
Un enfant qu’on humilie constamment “pour qu’il comprenne” n’apprend pas la même chose qu’un enfant qu’on accompagne avec fermeté mais sans écrasement.
Et ça ne veut pas dire devenir des parents parfaits. Franchement, heureusement 😄... sinon on serait foutus !
Je parle plutôt de cette atmosphère générale dans laquelle un enfant grandit.
Est-ce qu’il apprend que le conflit détruit le lien ?
Ou qu’on peut se disputer… puis se retrouver ?
Est-ce qu’il apprend qu’il faut cacher sa tristesse pour être aimé ?
Ou qu’on peut pleurer sans devenir honteux ?
Est-ce qu’il grandit avec un système nerveux constamment sous tension ?
Ou avec des adultes capables, parfois au moins, de ramener un peu de calme quand tout déborde ?
Parce qu’au fond, ces choses-là deviennent ensuite des manières d’être au monde.
Ce n’est pas seulement une intuition “un peu sensible”. Les recherches sur l’attachement, le développement émotionnel et le système nerveux vont toutes plus ou moins dans le même sens : les premières années sculptent profondément notre manière de nous relier aux autres, à nous-mêmes et au stress.
John Bowlby et Mary Ainsworth ont montré à quel point la sécurité affective influence ensuite la confiance relationnelle et la capacité à explorer le monde. Plus récemment, les travaux autour de la théorie polyvagale de Stephen Porges ou ceux de Bessel van der Kolk sur le traumatisme ont remis en lumière quelque chose d’assez simple au fond : un être humain qui grandit longtemps dans l’insécurité ou l’hyperstress finit souvent par intégrer cet état comme une normalité intérieure.
Et honnêtement… quand on regarde le monde adulte actuel, ce n’est pas très difficile à observer 😄
J'en ai d'ailleurs déjà parlé dans d'autres articles, notamment Je crie sur mes enfants alors que je ne veux pas : comprendre et arrêter

Beaucoup d’adultes passent déjà une énorme partie de leur vie à essayer de retrouver quelque chose qu’ils n’ont jamais vraiment appris à construire plus jeunes : le calme intérieur !
On apprend à méditer à 38 ans parce qu’on ne sait pas redescendre après une montée de stress.
On apprend à poser des limites après des décennies à vouloir être aimé à tout prix.
On découvre tardivement qu’on a le droit de ressentir une émotion sans exploser ou sans se couper complètement de soi-même.
C'est parce que je me suis demandé que se passerait si une partie de ce travail commençait plus tôt que j'ai fait différemment avec mes enfants.
Pas dans une logique de perfection éducative. Pas pour fabriquer des enfants “idéaux”. Et certainement pas pour ajouter une pression de plus aux parents déjà épuisés.
Un enfant qu’on aide à développer :
un peu plus de sécurité intérieure,
un peu plus de capacité à coopérer,
un peu plus de lien avec ses émotions,
un peu plus de régulation…
laissera probablement une trace différente dans le monde. Pas parfaite mais différente.
Les adultes de demain sont actuellement en train d’apprendre quelque chose de très concret dans des scènes minuscules du quotidien ; dans la manière dont on leur parle quand ils débordent ; dans la façon dont on traverse un conflit avec eux ; dans notre manière de poser une limite ; de demander pardon ; d’écouter ; de réparer.
Tout ça est déjà en train de fabriquer une certaine humanité : dans une cuisine, dans une voiture ou un salon avec des Lego partout par terre 😄
Je crois que c’est aussi pour ça que beaucoup de parents sentent intuitivement que ces sujets sont importants.
Pas parce qu’ils veulent produire des enfants parfaits, mais parce qu’ils sentent bien qu’un enfant qui grandit avec davantage de sécurité intérieure deviendra peut-être un adulte avec un peu moins de besoin d’écraser, de fuir, de contrôler ou de vivre constamment en guerre contre lui-même.
Honnêtement, quand on voit à quel point beaucoup d’adultes souffrent déjà intérieurement… ça donne quand même envie de prendre l’enfance très au sérieux...
Oui. Les recherches en psychologie, neurosciences et théorie de l’attachement montrent que les premières expériences relationnelles influencent durablement le rapport au stress, aux émotions, à la confiance et aux relations humaines.
Pendant les premières années, le cerveau et le système nerveux se développent extrêmement rapidement. L’environnement émotionnel, relationnel et affectif influence profondément la manière dont l’enfant apprendra ensuite à gérer les émotions et les relations.
La sécurité émotionnelle correspond au fait qu’un enfant se sente accueilli, protégé et en sécurité dans la relation avec les adultes qui s’occupent de lui. Cela aide le développement de la confiance, de la régulation émotionnelle et de la coopération.
Un stress chronique ou un environnement constamment tendu peuvent influencer le système nerveux de l’enfant et sa manière de réagir ensuite au monde, aux conflits, aux émotions ou aux relations.
Pourquoi la régulation émotionnelle est-elle importante chez l’enfant ?
La régulation émotionnelle aide l’enfant à traverser progressivement les frustrations, les peurs et les colères sans rester constamment débordé. Cette capacité se construit peu à peu dans la relation avec les adultes.
Est-ce que les parents doivent être parfaits pour que l’enfant aille bien ?
Non. Les recherches montrent surtout l’importance d’une relation suffisamment sécurisante, avec des possibilités de réparation après les conflits ou les débordements.
Une petite bibliothèque de lectures qui se répondent, sans te rajouter une charge mentale.
Et si cette fatigue instable, ces creux et cette nervosité n’avaient rien à voir avec ton sommeil… mais avec ta glycémie ?
Pourquoi les mamans semblent “gérer moins qu’avant” mais débordent plus : coupure, présence et sensibilité retrouvée.
Choisir le home-schooling, ce n’est pas fuir l’école… c’est parfois choisir de suivre l’enfant réel.
Orianne 💛
✨ Maman passionnée par le naturel, la parentalité consciente et l'éducation libre
Fondatrice de La Tribu des Mamans




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